
Les Dates Importantes
* Universités de Rentrée les 6 et 7 Septembre à Dourdan (91)
* Congrès le 23 Novembre
Universités de rentrée de DEBOUT LA REPUBLIQUE les 6 et 7 septembre 2008
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Le 11 août 2008
COMMUNIQUE DE PRESSE
Ossétie : il faut d’urgence un plan de paix vraiment équilibré
Plutôt que de s’employer à trouver un consensus très improbable à 27 sur la situation dans le Caucase du sud, le président de la République pourrait prendre l’initiative d’un plan de paix équilibré en y associant l’Allemagne et l’Italie, deux pays qui comme la France ont une vision raisonnable de la place de la Russie en Europe.
Ce plan équilibré comprendrait les points suivants :
l’évacuation complète des troupes géorgiennes des provinces séparatistes ;
la cessation immédiate des hostilités de la part de la Russie ;
l’engagement que la Géorgie n’adhérera pas à l’OTAN ni à l’UE ;
à moyen terme, la neutralisation des pays riverains de la Fédération de Russie (Ukraine, Biélorussie, Géorgie, pays d’Asie centrale), seule politique à même d’apaiser durablement les craintes légitimes de la Russie vis-à-vis de stratégies d’influence extérieures dans son aire historique.
Ainsi, il n’est que temps pour l’Europe de se désolidariser de la politique de grignotage que mène méthodiquement Washington depuis la chute de l’URSS, en vue d’encercler et d’affaiblir la Russie, puissance nécessaire à la prospérité de l’Europe et à l’équilibre international.
Affaire Tapie /Crédit Lyonnais : une nécessaire commission
Dans les années 80, Bernard Tapie nous présentait l'émission « Ambition »
sur TF1, afin de réconcilier les Français avec le monde de l'entreprise et
leur apprendre à être « des faiseurs de fric » par l'initiative, la prise
de risque et l'investissement personnel.
22 ans après, ces beaux principes sont battus en brèche puisqu'il semble
plus efficace d'entretenir un réseau de connaissances et de connivences au
sommet afin d'accomplir cette ambition de fortune.
L'arbitrage qui vient d'être rendu mérite une commission d'enquête car il
s'agit, ne l'oublions pas, de renflouer une fortune privée avec de
l'argent public.
Un « Etat en faillite », des « caisses vides ». sauf en ce qui concerne
l'augmentation du pouvoir d'achat de M.Tapie. Les Français qui ne peuvent
partir en vacances, faute de moyens suffisants, apprécieront.
L'ancien chanteur du tube « Réussir sa vie » n'avait pas précisé à
l'époque que c'était aux dépens des autres.
Nicolas Dupont-Aignan
Député Gaulliste de l'Essonne
Président de Debout la République
La manœuvre des eurobéats ne passera pas !
C’est un secret de polichinelle que Nicolas Sarkozy a révélé : pour que le traité de Lisbonne puisse un jour entrer en vigueur, « les Irlandais devront revoter ». Tenus mardi lors d’une rencontre avec les députés UMP, ces propos ont provoqué un tollé en Irlande, où les citoyens ont rejeté par référendum, le 12 juin, ce texte. La formule est pour le moins malheureuse, alors que Nicolas Sarkozy, président en exercice de l’Union, doit se rendre en Irlande lundi « pour écouter et dialoguer ». « Le Président n’a pas donné d’ordre aux Irlandais mais à l’issue du processus de consultation, il serait logique de repasser par un vote », souligne-t-on à l’Elysée.
Ce cas de figure s’est déjà présenté : en 2002, les Irlandais revotaient après avoir rejeté le traité de Nice en 2001. Tout comme les Danois l’ont fait en 1993, après avoir refusé le traité de Maastricht en 1992. Même si l’unanimité est nécessaire pour qu’un traité européen entre en vigueur, chacun a conscience qu’un seul Etat, surtout un petit pays aux marges de l’Europe, ne peut pas bloquer l’ensemble de l’Union. C’est pourquoi les Vingt-Sept ont décidé malgré tout de poursuivre le processus de ratification, contrairement à ce qui s’était passé en juin 2005 au lendemain du double non français et néerlandais à la Constitution.
Désormais, avec l’Espagne, mardi, 23 pays ont ratifié Lisbonne. La stratégie européenne vise à isoler l’Irlande afin que la pression soit maximale. Il n’est pas question de renégocier le traité de Lisbonne, qui est déjà une renégociation de la Constitution. L’idée est de proposer à Dublin le même texte assorti de déclarations censées répondre aux angoisses irlandaises : intangibilité de la neutralité, maintien du droit de veto sur l’harmonisation fiscale et sociale, respect de l’interdiction de l’avortement et du mariage gay, etc. Certes, tout ceci est déjà dans Lisbonne, mais cela n’a pas freiné les tenants du non. La réforme de la Commission sera aussi sans doute sacrifiée : il était prévu que le nombre de commissaires ne pourrait dépasser deux tiers du nombre d’États membres, sauf décision contraire du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement. Les Vingt-Sept pourraient s’engager, comme Libération l’a révélé le 20 juin, à maintenir un commissaire par État membre, comme c’est le cas aujourd’hui, puisque cela a été un argument de la campagne du non. Cela suffira-t-il alors que l’Irlande va connaître sa première récession économique depuis 1983 ?
JEAN QUATREMER
Faut-il modifier une nouvelle fois les règles de la Vème République ?
Le 16 juillet 2008.
Mes chers Collègues,
Le 21 juillet prochain nous serons appelés à nous prononcer, en Congrès à Versailles, sur le projet de modification de notre Constitution. Je sais que, sur cette question difficile, beaucoup d’entre vous hésitent.
D’un côté, vous êtes inquiets des conséquences de cette réforme sur le fonctionnement de nos institutions, mais de l’autre, vous ne souhaitez pas que votre refus soit interprété comme un rejet de l’action du Président de la République et de son Gouvernement.
Je me permets de vous écrire car je crois sincèrement que la question ne se pose pas en ces termes.
L’enjeu n’est pas d’être pour ou contre l’action de l’exécutif, mais de savoir s’il faut oui ou non modifier une nouvelle fois les règles de la Vème République. Cette question vous en conviendrez, dépasse de très loin les circonstances politiques du moment.
Pour ma part, je voterai contre cette réforme pour trois raisons :
La première, et sans doute la plus essentielle, est que chaque Président ne doit pas prendre l’habitude de modifier les institutions pour en imposer sa lecture. Notre Constitution est suffisamment souple pour permettre aux différents Présidents de la République de s’adapter aux circonstances ; c’est d’ailleurs pour cela qu’elle a pu durer et garantir la stabilité institutionnelle qui a tant manqué à notre pays dans son histoire. Faut-il pour autant que chaque Président grave dans le marbre sa pratique institutionnelle ? Ce serait une grave erreur !
Imaginons ce que deviendrait notre pays si, au gré des conjonctures politiques tous les Présidents voulaient modifier la Constitution pour imprimer leur marque ? Nous payons déjà suffisamment cher l’instauration du quinquennat, qui est principalement le fruit d’une manœuvre politicienne de Lionel JOSPIN et de Valery GISCARD d’ESTAING.
La Constitution ne peut pas devenir un simple enjeu de politique intérieure entre le Président et les Elus du peuple. C’est d’ailleurs pourquoi, il est choquant de voir nos institutions être aujourd’hui l’objet d’un marchandage entre les partis, qui nous rappelle les tristes heures de la IVème République.
Je m’oppose également à cette réforme institutionnelle car elle ferait sauter le verrou référendaire sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Le nouveau dispositif ouvre de fait la porte de l’adhésion de la Turquie par voie parlementaire. Si demain un exécutif souhaite contourner la voie référendaire, il lui faudra réunir les 3/5ème du Parlement ; ce ne sera pas si difficile car n’oublions pas que les Parlementaires de Gauche ont toujours été hostiles au référendum sur cette question.
Les Députés de la Majorité, qui ont clairement pris l’engagement devant leurs électeurs de refuser l’entrée de la Turquie, auront, pour leur part, beaucoup de difficultés à réunir les 2/5ème permettant d’imposer la voie parlementaire ; une fois de plus les électeurs auront été trompés.
Enfin, je m’oppose à cette modification constitutionnelle car elle ne renforce en rien notre démocratie contrairement à ce que l’on veut nous faire croire. La Vème République voulue par le Général de Gaulle reposait sur deux piliers contrebalançant l’importance des pouvoirs conférés à l’exécutif : le référendum et l’élection du Président de la République au suffrage universel.
Si l’on veut vraiment renforcer la démocratie dans notre pays, il suffit de consulter davantage les français par référendum sur les sujets décisifs. Il faut cesser d’avoir peur du peuple. Il faut le respecter. Il faut s’appuyer sur lui pour réformer car dans les épreuves, seule la légitimité populaire permet de rassembler la Nation pour relever les défis.
A l’heure où nous célèbrerons, de manière d’ailleurs bien trop discrète (est-ce un hasard ?) le 50ème anniversaire de la Vème République, il serait paradoxal et choquant de voter une réforme dénaturant l’esprit de ses Pères fondateurs.
En espérant que vous prendrez ces arguments en considération au moment de voter, je vous prie de croire, Mes chers Collègues, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Nicolas DUPONT-AIGNAN

Dimanche, dans "le Parisien, Aujourd'hui en France", on pouvait lire que quatre militants gaullistes ont été fortement violentés puis retenus vingt-quatre heures en garde à vue.
Leur crime ? Avoir osé arborer un drapeau tricolore frappé de la Croix de Lorraine et crier "Europe trahison" et "La France est une Nation" lors de la cérémonie où l'on hissait sous le monument parisien un drapeau qui n'a rien à y faire, tout cela sous le haut patronage de Nicolas Sarkozy.
On apprend que ces quatre dangereux terroristes sont poursuivis pour troubles à l'ordre public et injures au chef de l'Etat.
Il est donc aujourd'hui de la compétence de la police française de réprimer ceux qui refusent de s'agenouiller devant le Veau d'or européen. Nous ne le savions pas. Cela ne nous découragera pas.
Qu'on se le dise !
En quelle langue va-t-il encore falloir le dire ?
« Le Figaro magazine », 21 juin 2008 Propos de Nicolas Dupont-Aignan, recueillis par Jean-Marc Gonin « Le non démocratique, franc et massif des Irlandais au traité de Lisbonne apporte une nouvelle preuve que les peuples ne veulent pas de cette Constitution européenne. Car ce texte a été inventé pour contourner les non français et néerlandais aux référendums de 2005 qui portaient déjà sur cette Constitution.
Ceux qui veulent poursuivre le processus de ratification du traité de Lisbonne malgré le vote du peuple irlandais ne peuvent plus le faire que par référendum. C’est le seul moyen de lui donner une nécessaire légitimité populaire. En revanche, s’ils persistent dans la voie parlementaire, ce traité sera mort-né.
Il vaudrait mieux qu’ils abandonnent l’illusion supranationale et qu’ils arrêtent le processus qu’ils ont voulu imposer aux peuples.
Mais cela ne suffira pas. Chacun peut constater que les institutions nées des traités de Nice, d’Amsterdam et de Maastricht ne marchent pas. Les peuples perçoivent le vide démocratique qu’elles produisent. On a déshabillé les démocraties nationales et on a cru créer une démocratie européenne qui n’est qu’illusoire. La Commission, La Banque centrale européenne, la Cour de justice échappent au contrôle démocratique. On leur a concédé des pouvoirs considérables. La réaction du président de la Commission, José Manuel Barroso, au non irlandais le confirme. Pour lui, il faut passer outre. Cette attitude non démocratique est de type soviétique.
Il est urgent d’arrêter tout cela si l’on veut sauver la belle idée européenne. Nous devons aller vers une confédération d’Etats nationaux souverains qui coopèrent entre eux à la carte, qui s’entendent sur les terrains où l’Europe a besoin de se muscler et qui s’allient sur des projets industriels (comme ce fut le cas pour Airbus).
Les mariages forcés ne tiennent pas. La fuite en avant bureaucratique doit s’arrêter. Il faut restituer aux nations toute une série de pouvoirs qui ont été dévolus à Bruxelles. La France a certes besoin de l’Europe, mais d’une Europe à géométrie variable avec des coopérations ad hoc.
Enfin, il faut réformer la Banque centrale européenne pour sauver l’euro. Comme la FED américaine, la BCE doit être soumise à un contrôle politique.
Si nous ne parvenons pas à redonner aux Européens un sentiment de responsabilité politique au sein de ces institutions, l’ensemble du système va imploser. On ne peut pas construire l’Europe contre les peuples qui la composent. »
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste de l’Essonne Président de Debout la République
Pendant les vacances, l’Union Européenne institue le viol de la vie privée.
Le 7 juillet aura lieu un vote décisif dans la réforme du droit européen sur les communications électroniques dit « Paquet Télécom ». En ce moment même un eurodéputé britannique conservateur, Malcolm Harbour, se fait le petit télégraphiste de la BSA (Business Software Alliance) une association contrôlée par des éditeurs de logiciels, dont Microsoft, afin d’introduire dans le droit européen les mesures permettant de surveiller les communications des internautes dans le but de détecter des violations de propriété intellectuelle.
Comme il est techniquement impossible de faire ce type de détection sans surveiller la totalité des communications, c’est la globalité des usages de l’ensemble des internautes que les fournisseurs d’accès seront contraints d’espionner : mails, navigation, messagerie instantanée, jeux en réseau ….
Cela revient à ouvrir la totalité des courriers à la poste pour espionner les correspondances afin de voir si ce qui est écrit est conforme aux oukases d’un groupe d’intérêts.
Notons que le rapporteur du « Paquet Télécoms » Catherine Trautmann, eurodéputée ancienne ministre socialiste de la culture, et Bernadette Vergnaud eurodéputée PS qui « travaille » aussi sur le sujet, ne semblent pas vraiment s’opposer à ce saccage d’un droit fondamental, celui de la vie privée.
Debout La République dénonce vivement cette dangereuse logique de négation des droits fondamentaux des citoyens sous prétexte de « moderniser » la législation sur les technologies de l’information et de la communication.
Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député gaulliste de l’Essonne
Président de Debout la République
Euro : la hausse de trop ?
Le 3 juillet 2008
COMMUNIQUE DE PRESSE
L’Euro kamikaze
Lors de la création de l’euro, on avait promis aux peuples européens la maîtrise définitive de l’inflation et la création de toujours plus de croissance. Aujourd’hui, faute d’une gestion volontariste de la monnaie unique, l’euro est devenu la variable d’ajustement des désordres économiques et monétaires mondiaux :
des délocalisations toujours plus nombreuses, y compris en Allemagne dont le commerce extérieur avec la Chine est désormais déficitaire ;
la réorientation de l’investissement hors d’Europe, avec le transfert en zone dollar des activités d’Airbus et bientôt de milliers d’emplois chez BMW et chez Siemens ;
et maintenant le retour d’une hausse des prix dans un contexte persistant de stagnation du pouvoir d’achat.
Face à cette montée des périls tous azimuts, avec l’inconscience du dogmatisme, la Banque Centrale Européenne décide contre le bon sens le relèvement d’un quart de point de ses taux de base, creusant dangereusement le décalage avec les taux de la Fed américaine, désormais inférieurs de plus de la moitié de ceux de la zone euro.
Si l’on voulait accentuer davantage la crise de l’immobilier et casser la croissance dans la zone euro, on ne s’y prendrait pas autrement. Monsieur Trichet pratique une gestion kamikaze de l’euro, à croire qu’il veut faire mourir la monnaie unique. Car qui ne voit, au rythme actuel, que certains pays de la zone - l’Italie, la France et l’Espagne – risquent bientôt d’être aculés à sortir de la monnaie unique avec pertes et fracas ?
Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député gaulliste de l’Essonne
Président de Debout la République
Europe uniforme à 27 ! »
« Le chef de l’Etat s’est placé dans une contradiction insurmontable »
LE MONDE | 02.07.08
Nicolas Dupont-Aignan, ancien UMP, député (non inscrit) de l’Essonne, est président de Debout la République. Il a mené campagne en 2005 pour le non au traité constitutionnel européen et a voté contre la ratification du traité de Lisbonne.
Que vous inspire le déploiement des drapeaux français et européens pour la présidence française de l’Union Européenne ?
Pour qu’un drapeau ait un sens dans la conscience collective, il faut qu’il représente quelque chose de positif, qu’il y ait une légitimité démocratique. Or, l’Union européenne d’aujourd’hui n’en a aucune puisque ses dirigeants bafouent ouvertement le suffrage universel et veulent imposer aux peuples une Europe qui ne marche pas. Le décalage saisissant entre la multiplication des drapeaux européens et l’échec patent de l’Union à améliorer la vie de ses citoyens explique le rejet des peuples, de plus en plus lassés du double discours permanent.
Après le non irlandais au traité de Lisbonne, quel plan B proposez-vous ?
Les dirigeants européens auraient dû accepter les refus référendaires des Français et des Néerlandais et ne pas chercher à les contourner. Le non irlandais montre que les peuples n’ont pas été dupes. Il fallait donc reconnaître ce vote populaire et suspendre le processus de ratification. Le président polonais et le président tchèque se chargeront de le faire. Ce traité est mort. L’Europe qu’il met oeuvre ne fonctionne pas. Le plan B est simple. Rompre les négociations avec la Turquie et lui offrir un partenariat. Revoir le statut de la Banque centrale européenne pour y inclure un objectif de croissance économique et de lutte contre le chômage. Rendre des compétences aux Etats-nations pour gérer leurs propres affaires. Développer des coopérations à la carte sur les sujets essentiels qui permettront à l’Europe de peser dans la mondialisation - sciences, industrie, environnement… En un mot, arrêter de rêver une Europe uniforme à vingt-sept, impossible à construire, pour bâtir la seule qui peut marcher : celle des coopérations à géométrie variable.
Quelles devraient être les priorités de Nicolas Sarkozy durant sa présidence ?
Nicolas Sarkozy s’est placé dans une contradiction insurmontable. D’un côté, il épouse, par lucidité, la protestation sourde des peuples. Il met même de l’huile sur le feu en faisant croire aux Français que l’Europe lui interdit, par exemple, de baisser la fiscalité sur l’essence. De l’autre, il vénère toujours le mythe de l’Europe politique et, à Bruxelles, signe tous les textes dont il conteste les effets à Paris. Ce grand écart est irresponsable, à la fois pour la belle idée européenne qui mérite mieux et pour la mise en oeuvre de sa propre politique qui, aujourd’hui, est dans l’impasse.
Propos recueillis par Patrick Roger Article paru dans l’édition du 03.07.08
Le 20 juin 2008
COMMUNIQUE DE PRESSE
Non à l’internet « à la chinoise », oui à la licence globale pour rémunérer la création
Avec la loi « création et internet », qui concrétise les conclusions du rapport Olivennes, le gouvernement veut imposer en France un internet « à la chinoise », d’avance condamné par l’évolution technique. Plutôt que de s’incliner devant le conservatisme archaïque des majors de la musique, la ministre de la Culture ferait mieux de se battre pour la licence globale, seul moyen réaliste de concilier une juste rémunération des auteurs / interprètes au prorata de leur audience sur la toile avec le nécessaire développement de la civilisation de l’internet.
Ce projet de loi menace l’Etat de droit car, en instaurant une autorité judiciaire privée capable de prononcer des sanctions appartenant dans toute démocratie aux seuls magistrats, il crée une dangereuse justice d’exception.
Il est également liberticide car il va permettre la surveillance généralisée de l’internet par ces vigiles d’un nouveau genre, au mépris du plus élémentaire respect de la vie privée. Et ce n’est pas Bruxelles, de mèche avec les majors du disque, qui s’y opposera, tout au contraire - une modification en cours du droit européen accompagne cette loi !
Ce projet de loi, enfin, est rétrograde, car il entend, à contre courant de l’histoire et du Progrès technique, ériger des barrières qui seront inévitablement enfoncées ou contournées.
Cette vaine politique du tout-répressif et du flicage généralisé fait penser à l’acharnement déployé au XVème siècle par les moines-copistes qui, pour préserver leurs privilèges, prétendaient faire interdire l’imprimerie.
Je suis convaincu que les nombreux parlementaires, issus de toutes les familles politiques, qui se battent depuis 2006 pour la liberté de l’internet, sauront se mobiliser pour ramener à la raison le Gouvernement et permettre, enfin, l’avènement de l’économie numérique de demain.
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste de l’Essonne Président de Debout la République
Le 17 juin 2008
COMMUNIQUE DE PRESSE
Livre Blanc de la défense
Le Livre Blanc de la défense présenté ce matin par le Président de la République signe la mort de la conception gaullienne de l’indépendance nationale.
La réintégration complète dans l’OTAN et la réduction sans précédent du format des armées constituent les deux faces d’une même médaille : l’allégeance aux Etats-Unis.
La mise en œuvre de telles orientations déclassera durablement en Europe notre pays vis-à-vis de la Grande-Bretagne et interdira à la France de jouer le rôle mondial qu’elle a pu acquérir et maintenir depuis 1958.
J’interviendrai lors du débat du 26 juin à l’Assemblée Nationale pour présenter une politique alternative à ce Livre Blanc irresponsable et suicidaire.
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste de l’Essonne Président de Debout la République
Le 16 juin 2008
COMMUNIQUE DE PRESSE
« Non » irlandais : ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on guérira la fièvre !
La surdité et les dénégations des dirigeants européens face au « non » démocratique, franc et massif du peuple irlandais, ne peuvent qu’exaspérer un peu plus tous les démocrates d’Europe.
Les arguments les plus malhonnêtes sont brandis :
- Moins de 1% de la population de l’UE bloquerait les 99% restants par une décision égoïste… En vérité, le vrai scandale est que seul le peuple irlandais ait eu la faculté de voter, les 490 millions d’autres citoyens d’Europe étant ostensiblement privés de référendum, par crainte d’un vote négatif !
- Le « non » irlandais serait sans cohérence avec les « non » français et néerlandais de 2005 ! En réalité, le point commun fondamental entre ces différents « non » est la volonté réaffirmée de chaque peuple de pouvoir continuer à s’autodéterminer dans le cadre de la démocratie nationale.
De surcroît, les solutions les moins respectueuses du suffrage universel souverain sont d’ores et déjà envisagées, notamment forcer la main de l’Irlande en la faisant revoter sur un texte cosmétiquement retouché.
Les dirigeants européens comprendront-ils un jour que ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on guérit la fièvre ! Le seul moyen pour sortir de cette impasse est de proposer un traité de type confédéral, soumis par référendum à tous les pays de l’UE. Ce traité :
- définirait les frontières de l’UE, proposant aux pays comme la Turquie un simple partenariat ;
- restituerait aux nations beaucoup des compétences transférées en douce à Bruxelles ;
- favoriserait les coopérations à géométrie variable type Airbus ;
- réformerait l’union économique et monétaire pour relancer la croissance et ouvrir la voie à des vraies politiques industrielles et de recherche ;
- permettrait pour les pays membres qui le souhaitent une réelle indépendance vis-à-vis de l’OTAN.
Il est plus que temps pour les dirigeants européens de s’engager dans cette voie frappée au coin du bon sens et de la responsabilité.
Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député gaulliste de l’Essonne
Président de Debout la République
Crise de l’énergie : double jeu de l’Etat ?
Aujourd’hui alors que la flambée prévisible des cours du pétrole étrangle nos concitoyens, le gouvernement mais aussi la plupart des partis politiques semblent résignés. Coincés entre le marteau des pays producteurs et l’enclume des contraintes bruxelloises, ils semblent totalement indifférents au profond désarroi de nos compatriotes.
Et pourtant il est possible d’agir. En 2003 dans l’indifférence générale, Debout la République avait publié un mémorandum plaidant pour le renouveau de notre politique énergétique, depuis trop longtemps à la dérive.
Agir tout d’abord à court terme pour alléger la facture des professions les plus pénalisées et éviter ainsi la mise en faillite de bon nombre de pêcheurs, routiers ou agriculteurs. N’attendons pas Bruxelles et décidons vite, par exemple une exonération de TVA. La survie de dizaine de milliers de professionnels vaut bien le soin apporté aux contribuables assujettis à l’ISF !
Mais il ne faudra pas en rester là : toute la vérité devrait être faite sur l’écart inexplicable entre la flambée des prix à la pompe et à la cuve d’une part, et celle, d’autre part des cours du pétrole brut dont le coût aurait dû, pourtant, être largement amorti par l’appréciation très forte de l’euro face aux autres devises internationales. Mon collègue le Député du Pas-de-Calais, Jean-Pierre Kucheida, a ainsi calculé que l’augmentation du baril en euros réels (c'est-à-dire en intégrant l’appréciation de ce dernier sur le marché des changes) est de 15,5% entre 2000 et 2008, tandis que l’augmentation du gasoil sur la même durée dépasse les… 70% !
Où donc est passée la différence, qui l’a discrètement engrangée ? Comment se fait-il, alors qu’on nous serine du soir au matin que l’euro représente un formidable parapluie contre l’explosion du prix du baril, que le seul avantage avéré de la monnaie unique ne soit même pas au rendez-vous ? Faut-il croire, comme pour le gaz dont le coût réel d’importation ne justifie aucunement les deux hausses de cette année, que l’Etat-actionnaire ou les entreprises concernées s’engraissent sur le dos des Français ? Une Commission d’enquête parlementaire serait indispensable pour faire la lumière sur cet aspect central de la question !
Dans l’hypothèse, très probable, où il apparaîtrait que bien des abus sont commis dans le silence feutré des conseils d’administration et des palais nationaux, ne faudrait-il pas réfléchir à la remise au goût du jour de l’esprit du Conseil national de la Résistance, à l’instauration d’un tarif unique et régulé des carburants, comme d’ailleurs de toutes les ressources essentielles qui, en République, devraient être soustraites à l’avidité irresponsable d’une certaine culture du marché, mêlant dans la plus complète opacité prédation des multinationales et spoliation d’Etat ?
Mais au-delà de cette réorientation fondamentale de la politique des prix de l’essence, qui n’en doutons pas se heurterait à de formidables intérêts si on osait la mettre en œuvre, il est aussi nécessaire d’agir pour aider les professionnels comme l’ensemble des Français d’ailleurs, à remplacer leur outil de travail, leur voiture ou leur chaudière par des modèles moins consommateurs d’énergie. Le gouvernement a l’embarras du choix, des mesures fiscales possibles. « La Jupette », en son temps, avait fait merveille pour accélérer le renouvellement du parc automobile. On peut imaginer ainsi pour les particuliers la réduction de la taxe foncière pour l’acquisition d’équipements énergétiques à faible consommation (réduction remboursée aux communes par l’Etat).
Enfin, il est urgent d’agir en utilisant les leviers exceptionnels que représentent les grandes entreprises énergétiques françaises bâties depuis 1945 par l’effort du contribuable.
- Comme l’a très bien analysé Yves de Kerdrel dans le Figaro du 4 juin, il serait temps de rappeler à l’ordre EDF qui, au lieu de s’engager à nouveau dans une politique de croissance externe aussi hasardeuse qu’inutile pour les Français, devrait être fermement invitée par l’Etat à consacrer les 15 mds € qu’elle envisage de dépenser pour acquérir British Energy à la relance du programme électronucléaire en France (15 mds, c’est 5 centrales !).
- Il serait temps, aussi, de bloquer les tarifs de GDF qui ont été scandaleusement augmentés alors que rien ne le justifie réellement, exception faite sans doute du désir de ses dirigeants et actionnaires (au premier chef l’Etat !!) d’accroître la rentabilité de l’entreprise sur le dos des Français.
- Il serait temps, de même, que la politique de Total soit contrôlée un tant soit peu par l’Etat. Il ya a urgence à faire sauter les goulets d’étranglement dans le raffinage pesant sur les prix et s’expliquant par des sous-investissements.
Pauvre en matières premières énergétiques, la France a su à la libération puis lors du 1er choc pétrolier se doter d’une politique volontariste qui a permis aux Français de bénéficier de l’électricité la moins chère d’Europe, d’une autosuffisance de 50% environ et a offert à nos industriels un avantage de compétitivité crucial pour leur développement.
Malheureusement depuis une quinzaine d’années il n’y a plus de pilote dans l’avion. Pire, les gouvernements successifs ont laissé peu à peu Bruxelles démanteler l’un des plus beaux atouts de notre pays en le livrant à une logique inepte et antiéconomique du tout-marché. Aujourd’hui la question est simple. Voulons-nous une politique publique offensive ? D’un côté, pour aider les Français en adoucissant le choc financier sans précédent auxquels ils sont être confrontés, de l’autre pour investir sur le long terme dans la production d’une énergie pour tous, accessible et libérée de la tyrannie d’un capitalisme sauvage, sauvage jusqu’à se détruire lui-même.
Il y a urgence !
DLR à la pointe du combat pour le maintien des numéros des départements sur les plaques d’immatriculation
L’imagination de la Commission européenne est sans bornes… Pour des raisons mystérieuses, elle a eu l’idée d’uniformiser les plaques minéralogiques des véhicules dans l’Union européenne - certaines mauvaises langues ont cru pouvoir affirmer qu’il s’agit d’imposer une identité européenne introuvable en supprimant les repères nationaux…
Sous couvert d’une modernisation des systèmes d’immatriculation nationaux, elle a donc concocté un nouveau système uniformisé, qui laisse à peine apparaître la nationalité du véhicule. Dans ce « meilleur des mondes européens », il va sans dire que le numéro des départements français, familier à tous les automobilistes hexagonaux, devait disparaître corps et bien.
Las ! Les élus locaux, notamment les Conseils généraux, n’ont pas tardé à dresser l’étendard de la révolte, contestant une mesure inutile pour ne pas dire vexatoire. Premier Conseiller général à se saisir de la question, François Durovray (également Trésorier de notre mouvement) fit dès septembre 2007 adopter une résolution contre cette réforme par l’assemblée départementale de l’Essonne, qui fut bientôt suivie par plusieurs autres dans plus d’une trentaine de départements.
Aujourd’hui, un collectif parlementaire, « Jamais sans mon département », s’est constitué pour réclamer le maintien du numéro départemental. Naturellement, DLR soutient cette initiative et ses députés s’associeront à ce combat parlementaire
le 22 mai 2008
COMMUNIQUE DE PRESSE
Nicolas DUPONT-AIGNAN en campagne à Dublin pour l’autre Europe
A l’occasion du 3ème anniversaire du 29 mai 2005, qui a vu le rejet net et massif de la Constitution européenne, Nicolas DUPONT-AIGNAN, Député de l’Essonne et Président de Debout la République, se rendra à Dublin, à l’invitation des eurodéputés irlandais de l’EUDémocrates en campagne contre la ratification du traité de Lisbonne.
Pour évoquer ce déplacement destiné à porter témoignage de l’immense espoir que suscite parmi de très nombreux Français la perspective d’un rejet de ce traité imposé sans vote à presque tous les peuples d’Europe, Nicolas DUPONT-AIGNAN tiendra une conférence de presse le :
Mercredi 28 mai 2008 à 12h00 A l’Assemblée Nationale 3 rue Aristide Briand Salle du rez-de-chaussée
Il présentera également son appel à la mobilisation des 16 millions de Français qui ont voté non il y a trois ans, afin qu’ils saisissent l’occasion historique des élections européennes de juin 2009 pour réaffirmer avec fermeté, malgré le passage en force du traité de Lisbonne, leur aspiration légitime pour une autre Europe, démocratique et porteuse d’un progrès économique et social pour tous.
Une souscription nationale pour financer la mise sur pied de listes indépendantes des partis ayant voté la ratification parlementaire du traité de Lisbonne et de leurs alliés, sera également lancée.
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste de l’Essonne Président de Debout la République
livier-Yerres : Comment jugez-vous l'ampleur de la mobilisation aujourd'hui, dans l'éducation nationale et plus généralement dans le service public ?
Nicolas Dupont-Aignan : Cette mobilisation est compréhensible dans la mesure où la réforme de l'Etat est importante. Toute la difficulté est de bien doser, ministère par ministère, les efforts à fournir. Attention à ne pas affaiblir l'Etat.
Je doute que l'objectif du gouvernement soit faisable : ne pas remplacer un départ à la retraite sur deux, dans certains services, et notamment à l'éducation nationale, posera vite des problèmes.
Encore une fois, après des années d'immobilisme, évitons l'excès inverse d'une vision trop idéologique du "moins d'Etat".
Stravigor : Que pensez-vous de la réaction du député UMP François Grosdidier qui persiste et signe quant au rejet du projet de loi sur les OGM ?
Nicolas Dupont-Aignan : Il a raison. Pour ma part, je voterai contre ce projet, qui obéit, certes avec quelques précautions de forme, aux diktats de la Commission de Bruxelles et de ses donneurs d'ordre, les semenciers américains.
Ce projet de loi représente un vrai danger pour notre environnement. Le gouvernement et la majorité ne se rendent pas compte de la responsabilité qu'ils prennent devant l'histoire.
Je ne suis pas, bien évidemment, hostile aux progrès scientifiques, il faut poursuivre les recherches sur les OGM, mais il ne faut surtout pas autoriser aujourd'hui, en l'état des connaissances, les cultures en plein champ.
Encore une fois, il y a un manque de cohérence entre les avancées remarquables du Grenelle de l'environnement et les actes concrets du gouvernement.
D'une manière générale, c'est ce décalage entre les discours du président de la République et la pratique de ses décisions qui devient de plus en plus insupportable aux Français, et même à bon nombre de députés de la majorité.
étudiant_38 : Les mesures de la commission Balladur pour réformer nos institutions sont-elles suffisantes à vos yeux ?
Nicolas Dupont-Aignan : Tout d'abord, sincèrement, je ne crois pas que la révision de la Constitution soit une priorité pour les Français. La vraie question aujourd'hui, c'est la guerre économique que nous sommes en train de perdre, avec ses dommages collatéraux en termes de délocalisations et de régression sociale.
Pour autant, pourquoi pas une réforme institutionnelle si, là aussi, il y a cohérence et honnêteté intellectuelle ? Malheureusement, le projet de loi de révision me paraît être davantage un coup de pub qu'une réforme sérieuse et profonde.
On nous parle de droits renforcés pour le Parlement et de démocratisation de notre pays. Mais au même moment, le projet supprime l'obligation de référendum pour l'élargissement de l'Union européenne. Où est le progrès ?
Par ailleurs, comment imaginer renforcer les droits du Parlement si l'on n'aborde pas la question clé du mode de scrutin ? Je ne suis pas favorable à une proportionnelle intégrale, mais je crois sincèrement qu'une dose de proportionnelle sur 10 % ou 20 % des sièges ne remettrait en rien en cause la stabilité de la Ve.
N'oubliez pas que cela ne sert pas à grand-chose de renforcer les droits du Parlement si un seul parti, aujourd'hui de droite, l'UMP, hier ou demain de gauche, détient la majorité parlementaire et prend ses ordres à l'Elysée.
Enfin, il serait temps d'aborder la question essentielle de la diversité des médias et de leurs liens avec certains milieux d'affaires, dépendant des commandes de l'Etat, pour garantir, comme dans les autres pays occidentaux, une vraie pluralité d'opinions.
Enfin, je regrette que le président de la République refuse l'usage du référendum, qui est un élément essentiel de respiration démocratique voulu par le général de Gaulle. Vous le comprenez, je voterai contre cette réformette constitutionnelle.
bobby : Que pensez-vous de la première année de présidence de Sarkozy ?
Nicolas Dupont-Aignan : Comme beaucoup de Français, je suis plus que déçu. Jamais le décalage n'a été aussi grand dans notre pays entre les discours, les promesses et les actes.
Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait pointé du doigt, avec raison, les origines profondes de nos difficultés (euro cher, libre-échange déloyal, manque de volontarisme industriel, immigration incontrôlée, etc.). Une fois élu, il s'est résigné à subir le carcan de Bruxelles et s'est engagé dans une politique, notamment économique, peu efficace (le fameux paquet fiscal).
Je ne méconnais pas sa volonté de réforme, mais ce ne sont pas des réformes en désordre qui permettront d'obtenir les résultats qu'attendent les Français.
Enfin, et c'est peut-être là le plus grave, le président a engagé une réorientation de la politique étrangère et de défense dont il n'avait jamais parlé pendant la campagne (réintégration dans l'OTAN, envoi de soldats en Afghanistan), qui porte un tort considérable à l'image de notre pays dans le monde. Le général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe.
Et tous ceux qui, comme moi, croient à une certaine idée de la France sont profondément tristes de l'occasion perdue de 2007.
Denis : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre positionnement politique ? Sous la bannière de la majorité présidentielle UMP, il y a encore peu de temps, interviewé dans Minute en décembre, votant la censure en avril... où vous situez-vous ?
Nicolas Dupont-Aignan : Je suis gaulliste, républicain. Je ne peux pas accepter la dérive atlantiste dont je vous parlais il y a un instant. Je refuse cette soumission à l'ordre des lobbies de Bruxelles. Je siège, vous l'avez compris, aux non-inscrits.
Je ne crois pas pour autant que le Parti socialiste ferait une politique fondamentalement différente de celle engagée par Nicolas Sarkozy. Et je crois que les Français sont lassés de ce jeu hypocrite entre deux partis dominants qui, sur le fond, ne font que gérer les affaires courantes d'un ordre mondial qui prend ses décisions ailleurs.
Mon mouvement politique Debout la République a, il est vrai, penché pour Sarkozy à la présidentielle, car ce dernier avait repris bon nombre de nos thèmes de campagne. Ce n'était qu'illusion, certes, nous le découvrons maintenant. Cela ne doit pas nous empêcher, pour l'avenir, de préparer l'après-Sarkozy et de proposer une offre politique nouvelle.
Augustin-de-V : Subissez-vous des pressions de la part de l'UMP ? La vie d'un député indépendant est-elle impossible ?
Nicolas Dupont-Aignan : Je ne subis pas de pressions de l'UMP, car ils savent qu'elles n'auraient aucun effet. La vie d'un député indépendant dans un système de quasi-bipartisme est extrêmement difficile.
Pour autant, devrais-je renoncer à ce que je crois de plus important pour mon pays : l'indépendance nationale, une Europe des nations, une république intègre, une économie croissante au service du partage social.
Non, bien sûr. Car tous les jours Debout la République reçoit des adhésions d'anciens UMP, d'anciens chevénementistes, de citoyens sans étiquette, qui sont convaincus que le système actuel court à sa perte.
Les Français, et j'en fais partie, je ne le renie pas (même si, vous le savez, j'avais émis des doutes en voulant me présenter à la présidentielle), ont cru que Nicolas Sarkozy pouvait incarner le sursaut. Malheureusement, ils comprennent aujourd'hui qu'il accélère la "normalisation" de la France, une sorte de Länder de l'Europe supranationale sous influence américaine. Les Français, j'en suis convaincu, réagiront d'une manière ou d'une autre et ne se laisseront pas faire, à la condition bien sûr qu'une autre politique existe.
Romain : Si la droite nationale rassemblant les partis du FN, du MNR et du MPF décidaient de lancer une nouvelle formation rassemblant tous les patriotes dans une véritable alternative à Nicolas Sarkozy, accepteriez-vous d'y participer ?
Nicolas Dupont-Aignan : Je ne vois pas ceux qui n'ont pas été capables de le faire au cours des dix dernières années s'y mettre aujourd'hui. En revanche, il va de soi que les républicains, de gauche comme de droite, et les patriotes, de gauche comme de droite, devraient davantage unir leurs forces politiques.
C'est pourquoi je proposerai dans les semaines qui viennent la constitution de listes pour les élections européennes de juin 2009. Il ne s'agira pas de regrouper les groupuscules de M. X ou de Mme Y, mais, à partir d'un vrai projet pour l'Europe du XXIe siècle, de rassembler les Français qui ont été trahis par le traité de Lisbonne, qui a repris, vous le savez, la Constitution européenne pourtant rejetée par le peuple le 29 mai 2005.
Car, ne l'oublions pas, il ne peut y avoir de redressement de la France sans une refondation européenne. C'était le sens de la campagne de Nicolas Sarkozy, c'est la raison aujourd'hui de son échec.
Républicain : Allez-vous vous allier à M. De Villiers pour les prochaines européennes ?
Nicolas Dupont-Aignan : Philippe de Villiers est resté totalement silencieux lors du vote du traité de Lisbonne. Je le regrette. La question maintenant n'est pas d'additionner M. X ou Mme Y comme je l'ai déjà dit, mais d'être capable de porter un projet concret pour une Europe efficace, car nous avons besoin de l'Europe, au service du progrès social.
Je crois aussi sincèrement que les Français attendent des visages nouveaux, une nouvelle génération politique capable – on le voit bien avec Besancenot à gauche – de rassembler.
denis 75 : Debout la République sera-t-il présent aux élections européennes 2009 ?
Nicolas Dupont-Aignan : Debout la République sera bien sûr présent, mais je crois qu'il faudrait aller au-delà et associer tous ceux qui se reconnaîtront dans mon projet. Nous serons la surprise de 2009.
Républicain : Dans vos discours vous parlez souvent d'une "autre Europe". Qu'entendez-vous par là exactement ?
Nicolas Dupont-Aignan : Dans la mondialisation et le monde multipolaire des cinquante prochaines années, il va de soi que l'Europe doit exister. On me caricature d'ailleurs souvent comme un anti-européen, ce qui est totalement faux.
Mais pour que cette Europe réussisse, elle doit répondre à plusieurs conditions. Premièrement, elle doit mettre fin à son élargissement et établir un partenariat avec la Russie, la Turquie et le Maghreb.
Ensuite, l'euro doit être radicalement réformé pour en faire un instrument de croissance économique, et une politique industrielle et scientifique avec de très forts investissements publics doit être mise en œuvre autour de projets de coopération à la carte.
Enfin, il faut passer d'une Europe supranationale, oligarchique, qui a donné tous les pouvoirs à trois organismes non élus (Commission, Cour de justice, Banque centrale), à une Europe confédérale qui s'appuie sur les démocraties nationales et qui met en œuvre ces fameuses coopérations à la carte, qui sont les seules qui marchent concrètement. En témoignent Ariane ou l'Airbus.
Vous le voyez, c'est une redéfinition complète du système européen que je propose. Je ne suis pas le seul à le faire en Europe. En Italie, en Espagne, en Allemagne, de plus en plus de voix s'élèvent contre la dénaturation du beau projet européen initial.
Comment croire que l'on puisse construire l'Europe contre les peuples, en violant leur souveraineté et leur démocratie ? C'est une hérésie, et de surcroît, c'est inefficace.
Vous pouvez retrouver le détail de mes propositions dans mon dernier livre, Le Coup d'Etat simplifié, aux éditions du Rocher.
Blogos : Que pensez-vous de la politique à l'égard des travailleurs clandestins ? Faut-il leur donner des papiers ? Est-ce que vous êtes sur la ligne de Brice Hortefeux pour la politique de l'immigration ?
Nicolas Dupont-Aignan : Il faut savoir faire preuve de fermeté même si, humainement, cela n'est pas facile. Quand comprendra-t-on que certains chefs d'entreprise se servent de l'immigration clandestine comme moyen de peser sur les salaires à la baisse ? Il serait suicidaire pour notre pays d'ouvrir à nouveau les vannes de l'immigration.
Il y a tant de jeunes dans nos quartiers, souvent d'ailleurs d'origine étrangère, qui sont au chômage et qui mériteraient d'être embauchés, que je ne comprends pas cette fausse sentimentalité des organisations de gauche qui viennent en renfort du Medef.
La vraie question, c'est le développement de l'Afrique et du Maghreb, mais là aussi, on revient à la case départ : quelle Organisation mondiale du commerce voulons-nous ? Il y aurait tant de mesures simples à prendre pour développer l'agriculture africaine, pour donner un espoir à la jeunesse du Maghreb. La solution pour cette jeunesse n'est pas de venir en France.
Quant à l'action de M. Hortefeux, j'approuve sa fermeté, mais je suis hostile à l'immigration choisie, qui rend sa politique incohérente.
Nous devons freiner au maximum l'immigration pour intégrer le mieux possible toutes celles et tous ceux, d'origine étrangère, qui vivent sur notre sol. Un point, c'est tout.
Républicain : Qu'avez-vous prévu pour le 29 mai (anniversaire du "non" au référendum sur la Constitution européenne) ?
Nicolas Dupont-Aignan : Sur le site Deboutlarépublique.fr, vous trouverez très prochainement une invitation pour une manifestation symbolique que je ne veux pas révéler pour l'instant, mais qui est d'ores et déjà prête, et qui se produira au même moment dans tous les pays d'Europe.
Blogos : Qu'est-ce qui vous distingue, finalement, de l'extrême droite "classique" ?
Nicolas Dupont-Aignan : Je n'ai rien à voir avec l'extrême droite. Je n'ai jamais tenu un discours de rejet de quiconque. Je suis un républicain gaulliste, il suffit de lire tous mes discours ou mes écrits pour le comprendre. A l'inverse, je n'ai jamais rejeté les patriotes qui ont pu s'engager dans l'impasse du Front national.
Je crois à la nation, à la république, à l'Etat, à la liberté, à l'égalité, à la fraternité. Seraient-ce des valeurs d'extrême droite ?
GUITOU : Etre gaulliste, c'est quoi en 2008 ? Etes-vous un gaulliste de "gauche" ou un gaulliste de "droite" ?
Nicolas Dupont-Aignan : Ni l'un ni l'autre. Le principe même du gaullisme, c'est d'être au-dessus des partis !
Plus précisément, être socialiste aujourd'hui, pourriez-vous dire, c'est quoi ? dans la mesure où le socialisme date de 1900 et même d'avant. Il y a toujours eu des courants de pensée dans notre histoire. Le socialisme de 2008 n'est pas celui de 1905. Le gaullisme de 2008 n'est pas celui de 1958.
Pour autant, il y a des continuités historiques qui structurent notre sensibilité nationale, et même internationale, car entre nous, sans polémique aucune, croyez-vous que les peuples de la Terre préfèrent Nicolas Sarkozy en goguette chez George Bush ou le général de Gaulle demandant à Phnom Penh, à Québec ou à Mexico, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ?
Ce qui me fait le plus de peine aujourd'hui pour mon pays, c'est de voir la droite française prisonnière d'un petit clan anglo-saxon conservateur, ultralibéral, alors même que le général de Gaulle avait su rompre avec le pire de la droite.
En conclusion, je comprends bien que ma position politique puisse surprendre les uns et les autres. Mais je crois que dans ce désarroi général, au moment où beaucoup de Français se demandent si vraiment la politique sert à quelque chose, qu'il y a besoin dans notre pays d'hommes libres (je ne suis d'ailleurs pas le seul), de structures politiques indépendantes et de discours sans langue de bois.
Je sais bien que ma tâche est difficile, mais le nombre de témoignages de soutien qui, depuis un certain temps, m'arrive prouve que malgré une certaine omerta médiatique mes idées font leur chemin. Il reste bien sûr à muscler mon parti, c'est pourquoi j'invite toutes celles et tous ceux qui partagent mon idéal à m'aider.
