
Appel fondateur
Depuis vingt cinq ans, la France se complaît dans l’analyse de ses difficultés. Notre pays n’en finit plus de disséquer les problèmes qui l’accablent sans jamais se rendre compte qu’ils ont souvent pour dénominateur commun l’abandon de vertus exigeantes qui fondent notre devise républicaine « Liberté Égalité Fraternité ».
La Liberté menacée
Quand les lois sont bafouées, les violences urbaines impunies, l’existence des zones de non droit admise, quand la justice classe 80 % des plaintes et met un temps infini à rendre des décisions qui ne sont pas toujours suivies d’effet, quand le maquis législatif rend la loi inapplicable, l’État devient liberticide car il n’assure plus aux citoyens la protection qu’ils sont en droit d’attendre.
L’Égalité mise à mal par les communautarismes
Quand l’École républicaine, hier encore symbole de méritocratie, admet en son sein l’expression des communautarismes, comme la loi de la violence, et renonce à des objectifs pédagogiques pour s’adapter aux élèves, elle reproduit et amplifie les inégalités qu’elle est censée combattre et perd sa légitimité. Quand l’État, sous le chantage de la violence, entend modifier l’organisation territoriale d’une région et lui déléguer une compétence législative, on peut s’interroger sur l’avenir de l’Égalité entre les citoyens.
La Fraternité vidée de son contenu
Quand près d’un actif sur dix se trouve toujours exclu du marché du travail, quand le fossé entre la France qui « gagne » et celle qui s’enfonce dans la crise se creuse chaque jour davantage, quand les systèmes de retraite ou de l’assurance maladie accentuent les disparités qu’ils sont censés réduire et voient leur avenir compromis, la Fraternité est vidée de son contenu.
La France perd son temps
Ne nous leurrons pas ! La reprise économique anesthésie le pays plus qu’elle ne le ragaillardit. La marge de manœuvre financière, qui aurait pu permettre les réformes, est malheureusement engloutie dans des puits sans fonds. La fracture sociale n’est pas pour autant réduite. Pire, la relance masque la souffrance des millions de Français laissés de côté. Une fois la poudre aux yeux de la reprise estompée, le réveil de la France risque d’être plus douloureux encore car les brèches de notre société seront béantes et il sera alors trop tard pour les colmater.
À l’origine de ce retard, le pouvoir politique porte une responsabilité particulière
Il a renoncé à peser sur le cours des choses et désigne des boucs émissaires, comme la mondialisation, alibi de sa propre impuissance. La classe politique préfère « paraître » au travers du prisme déformant d’une bulle médiatique qu’« être » par la force de ses décisions et la rectitude de ses convictions. Les citoyens doutant du destin national se désintéressent des choix collectifs et se replient sur leur sort individuel.
Comment rompre le cercle vicieux qui menace l’existence même de la France ?
Il ne suffit pas de proclamer notre attachement à la Nation et à la République pour les faire vivre. Le monde qui nous entoure change. Les défis technologiques, ´conomiques et environnementaux sont immenses. Les attentes des citoyens évoluent aussi. On ne peut gouverner aujourd’hui comme hier. Le besoin de proximité et de participation est à la hauteur de la désillusion des Français vis à vis de la politique nationale. Pour restaurer les valeurs républicaines, redonner à la France le goût de croire en elle-même, DEBOUT LA REPUBLIQUE entend réveiller le débat public dans notre pays et travailler en profondeur pour préparer un nouveau contrat social.
Debout la République propose d’ordonner sa réflexion autour de trois axes principaux
1. Imaginer des « nouvelles frontières » pour rassembler les Français La première démarche consiste à rassembler les Français autour des trois nouvelles frontières suivantes :
La confiance retrouvée dans l’Etat régalien. La Police et la Justice doivent se réformer et se donner la volonté et les moyens d’être efficaces en tout point du territoire.
La réinvention du système éducatif. L’école doit se recentrer sur la première de ses missions, c’est-à-dire la transmission du savoir, l’instruction et le respect de l’autre. En restaurant l’égalité des chances, il s’agit de combattre les déterminismes sociaux ou géographiques qui se sont substitués à la méritocratie et, par là même, rouvrir pour chaque citoyen la voie du progrès social.
Le retour de la cohésion sociale. Cohésion qui passe par un réexamen complet des politiques de la ville, du logement social mais aussi par la mise en place à grande échelle de la participation dans l’entreprise.
2. Préparer l’avenir pour garantir l’indépendance nationale
Une fois rassemblés, les Français pourront alors fournir l’effort collectif aujourd’hui indispensable. La mondialisation est perçue à tort comme la fin des ambitions nationales. Tout au contraire, elle place chaque pays devant ses propres responsabilités.
Pour être encore demain dans la course et préserver son indépendance, la France doit savoir renouer avec une politique audacieuse d’investissement et de recherche, réformer l’Etat pour rationaliser ses moyens et limiter la pression fiscale, pérenniser ses systèmes de retraites et de santé.
Préparer l’avenir, c’est aussi préserver pour nos enfants la richesse et la diversité du territoire national par une politique ambitieuse de protection de l’environnement et d’aménagement du territoire.
3. Refonder l’Europe pour compter dans le monde de demain L’Europe fait partie de notre destin mais ne pourra mobiliser les peuples qu’à la condition de respecter les identités nationales et le cadre d’exercice démocratique qui s’y rattache.
Une décennie après la chute du mur de Berlin, l’élargissement est plus que jamais urgent. Il imposera de fait la fin de la tentation fédérale qui, aujourd’hui, imprègne le fonctionnement communautaire et détourne chaque jour davantage les citoyens de la construction européenne. Il reste à inventer et faire fonctionner cette Europe à 25 pays. Pour réussir durablement, elle doit s’appuyer sur les Nations et non pas se construire contre elles.
Cela suppose la clarification des compétences européennes et nationales, le contrôle des institutions communautaires par les parlements nationaux, la mise en place, au-delà du marché unique, de coopérations à géométrie variable, la fin d’un alignement systématique sur les positions américaines.
La France doit cesser d’être à la remorque de la tentation fédérale et participer avec un regard neuf à cette refonte totale des institutions. Mais la politique étrangère de notre pays ne peut se réduire au seul continent européen. Notre histoire, notre culture, notre langue nous invitent à délivrer aux quatre coins du monde, un message propre.
En définitive, DEBOUT LA REPUBLIQUE entend réveiller le débat public, renouer avec le volontarisme politique, participer à l ’élaboration d’un projet pour la France.
Il ne s’agit pas d’imiter les partis en recréant une structure nouvelle, mais de susciter dans les villes de France des clubs de réflexion libérés des contingences partisanes. Dans ce cadre, les élus, les acteurs économiques et sociaux, les citoyens pourront échanger et avancer des propositions concrètes.
C’est ainsi que nous servirons au mieux l’opposition toute entière qui, pour surmonter ses difficultés, doit savoir dépasser ses combats d’appareils et sortir des sentiers battus, susciter l’imagination et l’impertinence, en un mot faire preuve de liberté d’esprit.
